Vacancy

(en dévelopement) 

Réalisateur: Alexandra Kandy Longuet

Année: 2015

Avec l'aide au développement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

Là-bas, au loin, le long des routes, il attend patiemment le voyageur harassé par sa longue route. L'attire de ses néons puissants, phare dans la nuit moderne. Le motel.

Objet des fantasmes les plus fous de l'architecture ou du cinéma et mythe moderne, pendant de la culture automobile et incarnation du rêve américain, le motel nourrit l'imaginaire collectif et traverse la vie quotidienne de millions de voyageurs à travers le XXe siècle.

 Né de la mentalité pionnière d'une nation avide de conquérir son territoire, le motel fait son apparition aux côtés de la voiture dès le début du XXe siècle. Signe de l’esprit aventureux américain, sa forme s’inspire – ou reprend - l’habitat des mineurs, des bâtisseurs de l’Amérique. S’il apparaît comme le symbole d’une société de loisirs à la découverte de son territoire dans les années 1920, puis dans les années 1950, le motel accompagne également les heures plus sombres de l’histoire de ce pays et devient le refuge de ses laissés-pour-compte : victimes de la ségrégation, naufragés économiques des crises des années 1930 puis 2000. Et aussi rapidement qu’il s’invente, qu’il cherche à définir un rapport à l’espace (mobilité) et les rapports humains (aseptisés), le motel se voit vite détourné de son utilité première, de son caractère purement fonctionnel pour créer sa propre contradiction. Il devient alors le lieu privilégié de l'errance, des rendez-vous clandestins, des deshérités d'un capitalisme en crise.

Ainsi, loin d'être simplement un lieu anodin de passage, le motel incarne et interroge de nombreux aspects de la culture américaine : populaire, économique, sociale. Une Amérique qui sait produire des images puissantes, des fictions, des fantasmes…qu’il convient parfois de réinterroger.